J’ai perdu ma brebis

« Oh non, pas possible ! » me dis-je en cherchant au fond de mon sac. Une fois de plus mes clés ont, comme par enchantement, disparu dans les profondeurs de mon sac. Pourtant j’essaye de ne plus me retrouver dans cette situation : j’ai changé de sac en en prenant un plus petit. Mais rien à faire, c’est toujours pareil, je passe mon temps à les chercher.

Avez-vous remarqué que nous, les femmes, sommes toujours en train de chercher quelque chose. Le plus drôle dans cette manie, est le fait de trouver l’objet que nous cherchions depuis longtemps à la place de celui qu’il nous faut tout de suite.
Parfois nous perdons des choses auxquelles nous tenons profondément. Et celles-là, nous les cherchons tout en nous demandant pourquoi et comment nous avons pu les égarer ?

La vie nous réserve des pertes qui vont nous déchirer le cœur, des pertes qui vont nous amputer d’une partie de nous-mêmes. Perdre son emploi aujourd’hui, c’est plonger notre foyer dans la crise.
Perdre un être cher, et notre monde s’arrête de tourner, tout perd son éclat. Nous ne sommes plus les mêmes.

Ce matin, en regardant ma fille prendre la Sainte Cène, mon cœur a tressailli de reconnaissance envers Dieu. Je me suis vue quelques années en arrière, quand, complètement défaite, je pleurais son départ. Je n’arrivais pas à comprendre comment ma petite brebis, qui affectionnait tant notre pré, avait décidé un jour de le quitter.

Le cœur rempli de questions et les mains vides, sans espérance de la revoir de nouveau dans le pré avec nous, je me suis mise à la chercher.
C’est à ce moment-là que j’ai « senti » l’amour de Dieu pour moi. Sa présence était devenue perceptible. Malgré les larmes qui coulaient toutes seules, malgré les nuits interminables où je n’arrivais plus à dormir, mon cœur restait en prière. Oui, j’avais perdu mon enfant.
La culpabilité a laissé place à la certitude que Dieu savait toutes choses et que, s’il avait permis ce déchirement, Il avait bien une raison.

A cette époque j’avais organisé une rencontre pour les femmes dans l’église où j’étais. Je devais apporter un thème pendant la réunion. Mais je me sentais parfois si faible, si malheureuse, que j’avais envie de tout arrêter. Mais une force incroyable me poussait à continuer. Ainsi j’ai pu apporter ce que j’avais préparé aux femmes. Je sais que seul le Seigneur pouvait me porter dans ce moment.

Voilà que le temps m’a montré la souffrance que ma fille vivait et les raisons de son départ. J’ai pu découvrir qu’un loup déguisé en agneau lui avait fait perdre sa joie. Je rends grâce à mon Seigneur, car Il le savait, et Il a permis son départ pour ne pas qu’elle meure à petit feu.

Voyez-vous, une perte, parfois, est un gain.

La Bible nous parle du père de Saül qui avait perdu ses ânesses. (1 Samuel 9 : 3) Saül, en les cherchant, a trouvé sa royauté. Il a été dirigé vers Samuel, qui avait reçu de la part de l’Eternel l’ordre de l’oindre comme roi.

Savoir s’attendre à l’action, à la volonté du Père, est un pas vers la confiance absolue en Lui. Voilà j’avais perdu ma fille, et aujourd’hui elle est à nouveau dans la maison du Père.

Sachons garder confiance en notre Dieu, même si les circonstances semblent négatives. Laissons-le faire et nous verrons comment il nous rendra ce qui, pour le moment, est perdu.

Myriam Medina