La femme peut-elle parler ou enseigner à l’église ?

Toutes les directives de l’apôtre Paul concernant la femme sont-elles encore applicables ?
Doivent-elles par conséquent être toujours appliquées aujourd’hui ?
Pendant l’instruction la femme doit garder le silence, en toute soumission. Je ne permets pas à la femme d’enseigner ni de dominer l’homme. Qu’elle se tienne donc en silence. 1 Timothée 2.11-12
Comme cela se fait dans toutes les Églises des saints, que les femmes se taisent dans les assemblées: elles n’ont pas la permission de parler; elles doivent rester soumises, comme dit aussi la Loi. Si elles désirent s’instruire sur quelque détail, qu’elles interrogent leur mari à la maison. Il n’est pas convenable qu’une femme parle dans les assemblées.
1 Corinthiens 14.33-35

 

Le dilemme
Soit on applique à la lettre tous les préceptes de Paul à Timothée, voire de la Bible : laver les pieds, lever les mains au ciel, faire obéir les esclaves, doubler le salaire pour les bons anciens, faire taire les femmes, limiter le fitness, porter un joug de ruminant.… soit on interprète. L’interpréter, ce n’est pas diminuer la valeur de la Bible, bien au contraire. Pour comprendre le message de Dieu au-travers de sa Parole vivante, il est important de bien comprendre le contexte de sa rédaction et d’en vérifier la
traduction. Que le Saint-Esprit nous vienne en aide.

Le contexte
Paul veut limiter des débordements et l’influence de certaines femmes dans des situations données. On ne peut pas appliquer tels quels ses préceptes sans tenir compte de leur contexte. Éphèse, où vit Timothée, est un haut-lieu du culte d’Artémis, déesse de la fertilité, d’où l’importance des femmeset des prêtresses. L’Église est touchée par des mouvements hérétiques pré-gnostiques qui renient les bases de la foi. De nombreuses veuves, propagatrices de fausses doctrines, prennent l’ascendant sur la communauté
locale. L’Église de Corinthe connaît aussi des problèmes avec des nouvelles converties, d’anciennes prostituées sacrées descendues de l’Acropole de cette ville.
La société grecque, comme la juive, ne reconnaît pas le droit à l’éducation intellectuelle et spirituelle des femmes, les reléguant à la maison. (« Que les paroles de la Torah soient brûlées plutôt que mises entre les mains d’une femme. » Talmud, Sota 8.10a.) Seules quelques femmes de familles aisées et de culture grecque pouvaient
rivaliser intellectuellement avec les hommes. Dans les premières églises, perpétuant la tradition hébraïque, hommes et femmes sont séparés comme dans les synagogues. Un brouhaha est dû aux questions posées par les femmes à leurs maris de l’autre côté de l’assemblée. Le test fait dans notre église était révélateur.

Le texte
1 Timothée 2. 12 :
– Enseigner : didasko = donner des directives normatives.
– Dominer : authenteo = gouverner, prendre le pouvoir, être instigateur (d’un meurtre…), tuer de ses propres
mains… .
– En silence : hèsuchia = toujours traduit par tranquillité, calme. Traduit seulement ici par silence.
1 Corinthiens 14.35 : Parler : laleo = émettre un son, discourir, raconter, bavarder. Des traductions bibliques révèlent la mentalité de certaines époques où il était difficilement concevable qu’une femme exerçât un poste à responsabilité.

Évolution historique
La société antique était hyper-masculinisée. Par contraste, Jésus a donné de l’importance aux femmes. Elles furent d’ailleurs les premiers témoins de sa résurrection. Le ministère féminin a existé dans l’Eglise primitive, mais était peu répandu. Il le sera encore moins par la suite, reléguant les femmes aux tâches subalternes.
A partir de la Réforme, un mouvement inverse s’amorce. Luther lui-même a dit : « L’ordre, la bienséance,l’honneur exigent que les femmes se taisent lorsque les hommes parlent; mais lors qu’aucun homme ne parle, il devient nécessaire que la femme prêche. » Dans les église issues de la Réforme et des mouvements de réveil, on
trouve actuellement toutes les positions, de la plus fermée à la plus ouverte.

Aujourd’hui
Éphésiens 5.21-25 : Soumettez-vous les uns aux autres; femmes, soyez soumises à vos maris comme auSeigneur (…) Maris, aimez vos femmes comme le Christ a aimé l’Église et s’est livré lui-même pour elle. Vivons et travaillons en Église dans la soumission mutuelle, valable pour tout chrétien, homme ou femme. Je crois
à la redevabilité, au travail d’équipe et à la complémentarité dans le respect et l’amour réciproque. Il y a certesdes rôles dirigeants, mais la seule tête est le Christ (Éphésiens 1.22).
Remarquons que les tâches subalternes moins valorisantes peuvent tout aussi bien être exercées par les hommes ! La pluralité des opinions a toujours existé dans le christianisme. Il suffit de voir la multitude des églises. Des contextes culturels, historiques ou locaux peuvent pousser dans une direction plutôt qu’une autre.
Abandonnons les critiques et les réflexes machistes ou féministes. Nous sommes appelés à nous comprendre, à nous apprécier et nous encourager même si nous ne partageons pas toujours les mêmes avis. Moi qui suis prisonnier à cause du Seigneur, je vous demande donc instamment de vous conduire d’une manière digne de l’appel qui vous a été adressé : soyez toujours humbles, aimables et patients, supportez-vous (= portez, tenez fermement) les uns les autres avec amour. Efforcez-vous de conserver l’unité que donne l’Esprit, dans la paix qui vous lie les uns aux autres.
Éphésiens 4.1-3
Retrouvez l’étude complète : La femme peut-elle parler ou enseigner à l’église ?
La question taboue
Laurent Weiss

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