Pourquoi je n’ai plus honte d’être au foyer

Pourquoi je n'ai plus honte d'être au foyerIl n’y a pas si longtemps, je n’assumais pas vraiment mon « activité » de femme au foyer. Je culpabilisais beaucoup par rapport aux mamans qui travaillent. A savoir que dans mon entourage, je suis la seule à ne pas avoir de profession et que seule ma mère a été « au foyer ».

J’avais l’impression d’être mère au foyer faute de pouvoir trouver un emploi. J’avais honte de moi. Et pourtant, quelque part, j’étais tellement contente d’être avec mon fils et de le voir faire des progrès jour après jour.

C’est lors d’une conversation avec un ami que j’ai eu le déclic. Lorsque je lui ai dit que j’étais fatiguée en fin de journée, il m’a répondu : « Et ben, qu’est-ce que ce serait si tu travaillais ! ».

Une remarque qui m’a bien énervée. Mais j’ai fini par réfléchir en me posant de vraies questions.

Que serait ma vie si je travaillais ? J’ai du me rendre à l’évidence : mon ami avait tout à fait raison. Si je bossais, ce serait tout bonnement invivable pour moi et pour mon entourage. Parce que je ne pense vraiment pas que je serais capable de gérer de front un boulot, les transports et la fatigue qui s’en suit, la cuisine, le ménage, les courses, les lessives, l’administratif, les rendez-vous chez le médecin etc., tout en restant disponible et patiente pour mon fils de 2 ans et mon mari.

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Et je ne dis pas cela par manque de confiance, mais plutôt parce que je suis franche avec moi-même et que je connais mes faiblesses.

En toute sincérité, je reste admirative devant ces femmes qui trouvent la force, le temps et l’équilibre de faire toutes ces tâches en gardant le sourire.

Cela veut-il dire que je reste au foyer juste parce que je ne suis pas capable d’être une « superwoman » ?

Que fais-je pour ma famille en attendant?

J’ai essayé d’être la plus honnête possible avec moi-même. Et j’ai découvert que j’apportais, à ma façon, pleins de choses à ma petite tribu et à moi-même.

Premièrement, je ne rapporte pas d’argent « comptant » mais je fais des affaires sur internet. Je suis plus disponibles pour faires des comparatifs, me renseigner sur tel ou tel produit ou faire les soldes.

Deuxièmement, je rapporte « du temps » à ma famille. En semaine, je peux facilement passer des coups de fils, prendre certains  rendez-vous chez le médecin, me déplacer pour faire quelques tâches administratives. Quant à nos soirées et nos week-ends, ils sont certainement beaucoup plus zens et plus disponibles pour les sorties et les activités en famille que si j’avais un emploi.

Mais le plus important à mes yeux, c’est qu’en restant à la maison, je peux voir mon fils grandir. Je peux éduquer mon enfant, être présente pour lui et ses besoins, lui transmettre nos valeurs et avoir le temps de faire les choses à son rythme (parce que quand il faut 20 minutes pour enfiler son manteau et mettre ses chaussures, il ne s’agirait pas d’avoir des choses urgentes à faire !)

Alors j’ai eu la grande révélation. Je n’étais peut-être pas une superwoman, mais j’avais quand même de la valeur. Je n’avais pas à rougir de mon activité. En réalité, non seulement j’étais heureuse d’être mère au foyer mais j’avais aussi la chance de pouvoir l’être! Cela correspondait à mes principes.

Aujourd’hui je suis toujours fatiguée en fin de journée, mais je me sens à ma place.

Et je crois que c’est là le plus important pour toutes les mamans, qu’elles aient un travail rémunéré ou non : se sentir à leur place.

Que signifie « être à sa place « ? Faire un choix ! Pour différentes raisons, le choix sera plus difficile à faire pour certaines femmes que pour d’autres (finances, absence de soutien de la part du conjoint ou de la famille, mères célibataires, enfants qui ont des besoins particuliers, etc.)

Le choix que vous ferez ne sera pas forcément idéal, sans inconvénients ni challenges spécifiques. Ce sera peut-être même l’option « la moins pire ».

Mais n’ayez pas peur de vous poser les vraies questions de ce qui compte pour vous, de ce qui vous apporte le plus de joie au quotidien. Prenez une décision avec conviction et assumez-la avec courage (tout en sachant qu’elle n’est pas éternelle et que vous pourrez toujours ajuster les choses). Ensuite, foncez malgré les obstacles ! Si vous êtes épanouie, votre famille aura plus de chances de l’être aussi.

Par Marie Raverat, le 13 novembre 2015, dans Billets d’humeurTravail

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Marie Raverat, le 13 novembre 2015, dans Billets d’humeurTravail