D’assistée, je suis devenue assistante !
Je m’appelle Cristina Hetroit, née Manga Penda.
Je suis née et j’ai grandi au Cameroun, dans une grande pauvreté.
Très jeune, la vie ne m’a pas laissé le choix : j’ai dû me battre pour avancer.
Entre 18 et 21 ans, j’ai été enfermée dans un mariage forcé, polygame et violent.
J’ai été battue. Humiliée.
Et un jour, j’ai fui. Avec mes enfants. Sans plan. Sans sécurité.
À 24 ans, dans un moment où je n’en pouvais plus, j’ai rencontré le Seigneur.
Ce n’était pas une religion. C’était une rencontre qui m’a relevée intérieurement, alors que ma vie, elle, restait chaotique.
Deux ans plus tard , ma petite sœur est décédée en laissant trois enfants dont un bébé de 2 mois. j‘ai adopté ces enfants qui sont devenus les miens et je suis devenue maman de cinq enfants.
Mais je ne portais pas seulement mes enfants. Je finançais les études de mes deux petits frères et je m’occupais aussi de mes parents parce qu’il n’y avait personne d’autre pour s’en occuper.
En 2010 je me suis éloignée de Dieu, je vivais, je tenais, mais je n’étais plus connectée. Durant la même année , à mes 30 ans, je laisse mes enfants au Cameroun avec ma mère et pars travailler en Guinée équatoriale pour subvenir aux besoins de toute la famille. Puis 3 ans après je viens en France avec l’espoir d’une vie plus stable.
Mais à mon arrivée, tout s’effondre, je me retrouve sans papiers, enceinte, rejetée par le père de mon enfant, et aucun endroit pour dormir. J’ai composé le numéro d’urgence des sans-abris, le 115 pour trouver un lieu où dormir et ne pas être complètement à la rue.
J’ai connu l’urgence, les foyers d’hébergement, l’attente, l’incertitude, et pourtant….
Dieu était là.
En 2013 je décide de revenir au Seigneur pas parce que tout allait bien mais parce que j’avais compris que sans Lui, je ne pouvais pas tenir.
J’ai commencé à fréquenter l’église évangélique de Marseille Kléber. Je m’y suis engagée de tout mon cœur : en tant que responsable d’un groupe de personnes, évangélisation auprès des enfants du quartier au travers des animations ( Quartier Libre -Fabricant de Joie) et autre. J’aimais profondément servir.
Les épreuves, elles, ont continuées, n’ayant pas fait d’études (Je me suis arrêté en seconde) , n’ayant pas de documents administratifs français, je ne pouvais ni travailler et encore moins me loger. Et pourtant, je devais assumer des responsabilités de mère et de soutien de famille voire de plusieurs générations.
Honnêtement, il y a des moments où je ne sais pas comment j’ai pu tenir
Mais aujourd’hui, je sais que Dieu était là, même quand je ne le voyais pas.
Un an plus tard, à travers des rencontres, des aides et des personnes qui ont cru en moi alors que moi-même je doutais, j’ai été relevée pas à pas.
Ma situation administrative s’est régularisée, J’ai commencé à travailler, au début en tant que femme de ménage, par la suite je me suis formée comme assistante de vie aux familles et j’ai pu travailler à domicile, dans les maisons de retraites et dans les hôpitaux et même dans les foyers d’hébergement. (l’ironie du sort, c’est que je suis devenue la collègue de ceux qui étaient mes accompagnateurs lorsque j’étais sans abris)
Peu à peu, ma vie s’est stabilisée, le seigneur m’a ouvert une porte pour travailler aux Urgences Sociale des Bouches du Rhône le 115, comme Écoutant Social et quelques années plus tard j’ai accédé au poste de référente sociale.
En 2019, Dieu a mis sur ma route un homme chrétien merveilleux, nous nous sommes mariés et aujourd’hui encore, il est un soutien précieux dans ma vie, je bénie le Seigneur pour cela.
Mais malgré toute cette stabilité que je commençais à avoir intérieurement, tout ce que j’avais porté pendant des années m’ont rattrapé et je me suis effondrée.
Burn-out, dépression et traitement antidépresseur. Moi qui avais toujours tenu… je ne tenais plus
C’est pendant cette période que je suis accompagnée par une Gestalt thérapeute.
Et pour la première fois, je ne suis plus celle qui porte tout le monde, je deviens celle qui est aidée.
Et là, quelque chose devient évident L’ACCOMPAGNEMENT .
Plusieurs années auparavant, Dieu avait mis en moi un appel:
PRENDRE SOIN DES FRÈRES ET SŒURS DANS L’ÉGLISE.
En discutant avec certains frères et sœurs, en écoutant les écoutants me parler de vie, j’ai compris à ce moment-là ce que cela voulait dire, mais que je ne savais pas comment faire et surtout que je n’avais pas les outils nécessaires. jusqu’à ce que mon cerveau et mon corps fassent un arrêt total et que je réalise que j’avais besoin d’aide et je l’ai demandé.
A ce moment-là , le Seigneur m’a permis de comprendre ce qu’était exactement cet appel et il m’a ouvert une porte vers mon école actuelle (l’École Humaniste de Gestalt) dont les valeurs ne sont pas contradictoires à celles de la parole de Dieu.
En 2022, je commence une formation en Gestalt thérapie.
En parallèle, je me forme en relation d’aide chrétienne avec le pasteur Denise Morissette. Ce n’était pas logique parce que financièrement, c’était compliqué mais au fond de moi, je savais que Dieu me conduisait.
Aujourd’hui, je suis praticienne en Gestalt , j’ai ouvert mon cabinet à Istres et j’accompagne des personnes en présentiel et en visio.
Quand je regarde mon parcours, je vois une chose:
Malgré le manque de diplômes et les conditions qui étaient très difficiles,
Dieu m’a formée à travers la vie.
Et aujourd’hui, je me forme aussi avec des outils solides pour accompagner à mon tour.
Je sais ce que c’est que porter trop, je sais ce que c’est que tomber, je sais ce que c’est que se relever.
Et je crois profondément que Dieu ne laisse personne là où il l’a trouvé.
Que Dieu soit loué!

